Interrogé le 31 mai 2007 dans l’émission matinale de Jean-Pierre Elkabbach, sur “Europe 1”, à propos de sa déclaration selon laquelle Mme Christine Lagarde, ministre de l’Agriculture, devrait apprendre l’espéranto en plus des nombreuses langues qu’elle connaît, Jean-Michel Lemétayer, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a ainsi confirmé sa pensée : “Je crois qu’on doit saisir cette opportunité pour qu’il y ait un véritable espoir pour notre profession, et puis surtout pour montrer que notre profession est moderne. Je compte sur Madame Lagarde pour montrer la modernité de l’agriculture.”
“Et il faut qu’elle apprenne l’espéranto ?”
“Eh bien c’est la langue de l’espoir pour une profession qui, quelquefois, doute, c’est intéressant.”
Mais, dans le gouvernement remanié de François Fillon, Christine Lagarde est passée de l’agriculture aux finances... et elle a été remplacée par Michel Barnier...
Dans son numéro de juillet-août 1996, “Ensemble Magazine”, journal régional d’information agricole et d’action coopérative édité dans le Maine-et-Loire, avait publié les impressions d’agriculteurs qui avaient visité Bruxelles et rencontré des fonctionnaires européens.
Pour l’un d’eux, Luc Terrien, Bruxelles est “un univers cosmopolite, en discussions permanentes avec des difficultés de traduction et différences de cultures qui impliquent à elles seules que les décisions prennent un certain temps à émerger. (…) Mais s’il pouvait y avoir une langue unique, l’espéranto ou autre, cela ferait avancer culturellement l’Europe.”
Sages paroles d’un homme de la terre nommé Terrien ! A part que le terme “langue commune”, impliquant le respect des langues et cultures, est à préférer à “langue unique”, rôle dans lequel s’impose l’anglais qui, par la volonté délibérée des uns et la résignation des autres, avec des complicités actives et passives, sert des intérêts particuliers au détriment de ceux du plus grand nombre.