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La mise en place des monopoles du savoir


par Charles Durand, professseur à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard. Editions l’Harmattan 120 pages, ISBN : 2747517713. Disponible sur www.alapage.com ou www.chapitre.com.
(Voir aussi "La nouvelle guerre contre l’intelligence").

"La mise en place des monopoles du savoir", de Charles Durand, vient de paraître aux Editions l’Harmattan et est disponible sur les librairies en ligne http://www.alapage.com et http://www.chapitre.com.

Cet ouvrage a pour but d’inventorier les conséquences, subies depuis une quarantaine d’années par les pays non anglophones, de l’adoption presque généralisée de l’anglais comme outil de communication internationale dans le domaine de la recherche en science et en technologie. Il y a presque 35 ans, la plupart des facultés de sciences aux Etats-Unis supprimaient leur « Ph.D. foreign language requirement ». Jusque là, tout futur doctorant américain dans une discipline scientifique devait obligatoirement prouver qu’il maîtrisait au moins UNE des grandes langues scientifiques autres que l’anglais, et cela suffisamment pour pouvoir comprendre sans difficulté toute publication dans sa spécialité rédigée dans cette langue. Les langues étrangères alors reconnues par les universités nord-américaines comme « langues scientifiques » comprenaient généralement un sous-ensemble de langues indo-européennes (allemand, espagnol, français, russe, ), sémitiques (arabe littéraire) et asiatiques (japonais et mandarin). Aujourd’hui, à quelques rares exceptions près, ce « Ph.D. foreign language requirement » n’existe plus dans les disciplines scientifiques. Depuis sa suppression, des pressions directes et indirectes ont été exercées sur les congrès scientifiques internationaux - autrefois multilingues - pour qu’ils deviennent progressivement unilingues, et la même tendance s’est appliquée aux revues et journaux présentant les résultats des recherches fondamentales, dans les pays anglophones comme ailleurs. La disparition progressive des langues autres que l’anglais du domaine de la communication scientifique internationale suivait en fait les directives énoncées dans l’« Anglo-American Conference Report 1961 ». Ce document de nature confidentielle était destiné au British Council dont l’actuel président Tony Andrews déclare d’ailleurs sans complexe que « l’anglais devrait devenir la seule langue officielle de l’Union européenne » (rapporté par le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 27 janvier 2002). Rien que ça ! Parallèlement, de nombreux laboratoires, instituts, centres de recherche et même certaines divisions d’industries manufacturières ont, dans divers pays non anglophones, adopté l’anglais comme langue « officielle » de leurs activités sous la pression de leurs dirigeants qui prétextaient des nécessités commerciales et des impératifs de communication à l’échelle planétaire. « La mise en place des monopoles du savoir » présente un examen détaillé de la situation actuelle et démontre que l’adoption officielle ou officieuse de l’anglais comme véhicule de communication internationale dans le seul domaine scientifique entraîne un certain nombre d’effets pervers pesant très lourds par rapport aux bénéfices que cette pratique est censée apporter à ses promoteurs. Plus particulièrement dans le cadre universitaire, elle entraîne la formation de monopoles en opposition absolue aux principes de libre accès au savoir dans des établissements d’enseignement supérieur libres et ouverts. L’actuel quasi monopole du savoir technico-scientifique moderne détenu par les Anglo-américains - que certains refusent d’admettre - n’est pas lié aux seuls mérites de leurs chercheurs et de leurs ingénieurs. Dans une large part, il est la conséquence directe de l’adoption de la langue anglaise comme langue internationale en science et en technologie, démultipliant ainsi la visibilité du monde anglo-saxon dans ces secteurs au détriment de celle des autres. A terme, l’usage de plus en plus répandu de l’anglais dans les laboratoires de recherche, qu’il soit librement choisi ou imposé, aboutit à une véritable stérilisation du processus créatif, à un réalignement automatique sur les thèmes de recherche anglo-américains et à des contributions presque exclusivement techniques. La pensée scientifique est probablement condamnée à stagner tant que les langues autres que l’anglais n’auront pas reconquis leur statut d’outil d’investigation et de communication à part entière dans tous les secteurs de recherche. Ce livre cible les universitaires et les ingénieurs qui sont impliqués dans des activités de recherche. Il désacralise un sujet tabou, celui de l’usage de plus en plus répandu de l’anglais comme véhicule de communication dans le monde moderne de la recherche. Il dénonce la naïveté de ceux qui croient que l’usage de cette langue est neutre alors qu’elle entraîne des altérations considérables dans la nature de la démarche scientifique, sans compter les énormes privilèges économiques et politiques (en faveur des nations anglophones) créés dans son sillage. L’ouvrage fait voler en éclats le mythe de la prétendue nécessité d’une lingua franca dans les sciences et les techniques sur la base d’un argumentaire totalement pragmatique et indispensable à tous ceux qui veulent donner un nouveau souffle à la créativité scientifique. Il fournit de nombreuses explications et informations pour comprendre ce qui se passe. En l’absence totale de vision à long terme qui caractérise la plupart des sociétés industrialisées contemporaines, il comble un vide qui sévit dans la pensée actuelle en touchant un problème crucial qu’il convient de laisser de côté, selon certains.

Charles Durand


La starigo de la monopoloj de la scio


Aperis ĉe la pariza eldonejo "L’Harmattan" 120-paĝa franclingva tre bonvena libro sub la titolo "La mise en place des monopoles du savoir". Ĝi estas interrete mendebla ĉe : www.alapage.com et www.ĉapitre.com aŭ www.amazon.fr. (Prezo : 10,16 eŭroj / 66,65 FRF) Jen traduko de informo kiun ni ricevis de la aŭtoro mem — Ĉarles Durand, profesoro de Teknologio ĉe la Universitato de Belfort-Montbéliard — pri tiu libro : Tiu verko celas inventarii la konsekvencojn, eltenatajn de kvardek jaroj flanke de la neanglalingvaj landoj, de la preskaŭ ĝeneraligita adopto de la angla kiel ilo de internacia komunikado sur la terenoj de la serĉado en scienco kaj teknologio. Jam de preskaŭ 35 jaroj, plimulto el la fakultatoj de sciencoj en Usono forigis sian « Ph.D. foreign language requirement ». Ĝis tiam, ĉiu usona kandidato al doktoriĝo en scienca fako devis pruvi ke li/ŝi regis almenaŭ UNU el la grandaj sciencaj lingvoj aliaj ol la angla, kaj tion sufiĉe por kompreni sen malfacilaĵoj ĉiun publikigaĵon en lia/ŝia fako redaktita en tiu lingvo. La fremdaj lingvoj tiam agnoskataj fare de la nordamerikaj universitatoj kiel "sciencaj lingvoj" arigis ĝenerale subaron de lingvoj hind-eŭropaj (germana, hispana, franca, rusa...), semidaj (literatura araba), kaj aziaj (japana kaj mandarena).

Hodiaŭ, krom kelkaj esceptoj, tiu « Ph.D. foreign language requirement ». ne plu ekzistas en la sciencaj fakoj. Depost ĝia forigo, premoj rektaj kaj malrektaj estis farataj sur la internaciaj sciencaj kongresoj — iam multlingvaj — por ke ili fariĝu progresive unulingvaj, kaj la sama tendenco aplikiĝas al la revuoj kaj ĵurnaloj prezentantaj la rezultojn de fundamentaserĉado, en la anglalingvaj landoj same kiel aliloke. La progresiva malapero de la lingvoj aliaj ol la angla de la tereno de la internacia scienca komunikado sekvis fakte la direktivojn formulitaj en la « Anglo-American Conference Report 1961 ». Tiu dokumento esence konfidenca estis destinita al Britiŝ Council, kies nuna prezidanto Tony Andrews deklaras cetere sen komplekso ke "la angla devus fariĝi la sola oficiala lingvo de Eŭropa Unio" (raportita de Frankfurter Allgemeine Zeitung de la 27-a de januaro 2002). Nur tion ! Paralele, multaj laboratorioj, institutoj, centroj de serĉado kaj eĉ fakoj de manufaktura industrio, en diversaj neanglalingvaj landoj, adoptis la anglan kiel "oficialan" lingvon de siaj aktivaĵoj sub la premo de siaj gvidantoj kiuj pretekstis komercajn necesaĵojn kaj imperativojn de komunikado je tutplaneda skalo.

« La mise en place des monopoles du savoir » prezentas detalumitan trarigardon pri la nuna situacio kaj demonstras ke la oficiala aŭ neoficiala adopto de la angla kiel vehiklo de internacia komunikado sur la sola scienca tereno estigas ian kvanton da kontraŭaj efikoj tre pezaj rilate al la profitoj kiujn tiu praktiko estas supozita alporti al ĝiaj iniciatintoj. Precipe en la universitata kadro, ĝi estigas formiĝon de monopoloj absolute kontraŭaj al la libera aliro al la scio en la establejoj de supera instruado liberaj kaj malfermaj.

La preskaŭ kompleta monopolo de la moderna teknika-scienca scio posedata de la Anglo-usonanoj — kiujn iuj rifuzas agnoski — ne estas ligita al la nuraj meritoj de iliaj serĉistoj kaj inĝenieroj. Plejparte, ĝi estas rekta sekvo de la adopto de la angla kiel internacia lingvo en scienco kaj teknologio, tiel obligante la videblecon de la anglo-saksa mondo en tiuj sektoroj je malavantaĝo de la ceteraj. Ĉe normala templimo, la pli kaj pli disvastigita uzo de la angla en la laboratorioj de serĉado, ĉu ĝi estas libera aŭ altrudata, finkondukas al vera steriligo de la krea procezo, al aŭtomata konformigado al la anglo-usonj temoj de serĉado kaj al kontribuaĵoj preskaŭ ekskluzive teknikaj. La scienca penso estas verŝajne kondamnita al stagnado tiom longe kiom la aliaj lingvoj ol la angla ne rekonkeros sian statuson de ilo de plenrajta esplorado kaj komunikado en ĉiuj sektoroj de serĉado. Tiu libro celas la universitatanojn kaj la inĝenierojn kiuj estas implikitaj en aktivaĵoj de serĉado. Tabuan temon ĝi igas pritraktebla : tiu de la pli kaj pli vasta uzo de la angla kiel vehiklo de komunikado en la moderna mondo de la serĉado. Ĝi kritike diskonigas la naivecon de tiuj, kiuj kredas ke la uzo de tiu lingvo estas neŭtrala dum ĝi estigas konsiderindajn difektŝanĝojn en la esenco de la scienca strebado, sen kalkuli grandegajn ekonomiajn kaj politikaj privilegiojn (favore al la angleparolantaj nacioj) rezultantaj el tiu situacio. La verko senfundamentigas la miton de la supoza neceso de "lingua franca" en la sciencoj kaj teknikoj surbaze de argumentaro entute pragmatika kaj nepre necesa al ĉiuj kiuj volas doni novan impeton al la scienca kreiveco. Ĝi havigas multajn klarigojn kaj informojn por kompreni kio okazas. En kompleta foresto de longdaŭra vizio kiu karakterizas la plimuton el la nuntempaj industriaj socioj, per pritrakto de fundamenta problemo pri kiu, laŭ iuj, konvenas ĝin flankenlasi, ĝi ŝtopas vakuon kiu plagas la nunan penson.







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